Gavarni : un peintre aux Pyrénées

Sulpice Hippolyte Guillaume Chevalier dit  Paul Gavarni, est né à Paris le 13 janvier 1804, mort à Auteuil le 24 novembre 1866.
Dessinateur, aquarelliste, lithographe puis caricaturiste, Gavarni commence par faire des dessins de machines (chez un architecte) puis des dessins de mode dans de nombreuses gazettes.
En 1822 vers l'âge de 17 ans, un graveur l'envoie à Bordeaux, il fait la connaissance de l'ingénieur du cadastre de Tarbes ...

qui l'embauche. Cela lui permet, jusqu'en 1828 de parcourir les Pyrénées. « Ces montagnes lui causaient un insatiable enchantement, au cours de ses fréquentes excursions il croquait, ici un trait de mœurs, là un costume pittoresque, ailleurs une vallée » précise Bernard Puig-Castaing, historien de l'art.

L'origine du pseudonyme de Gavarni diverge selon les sources mais toutes confirment l'attachement du peintre pour les Pyrénées. Ainsi Eugène de Mirecourt,  nous dit qu'il signe ses dessins Gavarni, du nom du hameau où le directeur du cadastre et lui ont fixé le centre de leurs opérations. « Certes, il ne se doutait guère que ce nom lui resterait par la force même de la publicité ».
Quant au biographe Hubert Demory, il rapporte que pour le « Salon de l'Académie royale des beaux-arts » de Paris en 1829, il choisit une de ses aquarelles représentant le cirque de Gavarnie et la cascade qui l'anime. Suite à une erreur du rédacteur du catalogue, l'oeuvre est attribuée à M. Gavarnie. En  supprimant le « e »muet « qui était de trop dans un nom d'homme... » il en fera son pseudonyme.

De retour à Paris il publie un recueil de costumes des Pyrénées et entame une longue carrière au cours de laquelle il collabore avec la plupart des revues illustrées de son époque, croquant de nombreuses scènes de genres. Comme ces « peintres de la vie moderne » dont parle Baudelaire, « Gavarni a un crayon flatteur, élégant et charmant, enlevé sinon facile, qui ne connaît que son plaisir, qui ne prend plaisir qu'à ce qu'il voit ».
Il illustrera Balzac qu'il estimait comme un auxilliaire et aux yeux duquel « il est le digne représentant de la comédie humaine ».
Dessinateur infatigable, Gavarni laissera derrière lui une œuvre importante, véritable chronique en images de la société de son temps.
« On demandait à Gustave Doré : Quel est, selon vous, le plus grand peintre de nos jours ? C'est Gavarni répondit-il sans hésiter» rapporte Eugène de Mirecourt dans l'ouvrage qu'il consacre au peintre en 1858.

Documents consultés pour la rédaction de cet article :


Sulpice Guillaume Chevalier dit Paul Gavarni / Hubert Demory . - Le village, 2000, n° 524.- [en ligne : réf du 1er octobre 2010]
Disponible sur  http://mapage.noos.fr/hubert.demory/gavarni.htm]

Gavarni Sulpice Guillaume Chevalier dit Paul / Bernard Puig Castaing in Encyclopaedia Universalis  [article accessible depuis le portail du réseau des médiathèque dans les médiathèques uniquement)

Gavarni /  Eugène de Mirecourt. - Paris : G. Havard, 1858. - [en ligne : réf du 1er octobre 2010]
Disponible sur  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2006219
Source : Bibliothèque nationale de France.